La Lézarde Parfumée est un recueil de nouvelles et de poésies qui ont pris racine soit dans un vécu personnel soit dans l'observation régionale des gens. Celui-ci raconte avec une simplicité — parfois presque enfantine — les soucis et les souffrances du quotidien, mais aussi les joies tout anodines qui font la beauté de l'existence. Cependant, qu'on ne s'y trompe pas ! Derrière chaque mot se cache une invitation à réfléchir sur la valeur des choses.

Extrait second : Vieillesse (poème)

L'automne arrive
Et l'homme vieillit
On le pousse à la dérive
Comme s'il n'avait plus droit à la vie...

Sa main tremble, son pas ralentit
Ses yeux se rident, sa peau se fane
Pourtant, son cœur, lui, grandit
Et n'a pas encore besoin de canne...

Au Respect et à la Vraie Dignité

La Lézarde Parfumée

- Qu'est-ce qu'elle devient ta jumelle, elle est toujours bonne sœur ?

Je regardai mon interlocuteur d'un air bêbête. Le ton ironique et moqueur de la question m'agaçait profondément. Mais charité oblige, au lieu de m'énerver, je pris une profonde respiration et repensai à nous.

Nadia-Marie et moi, cela va sans dire, étions inséparables. Neuf mois dans le même ventre, c'est comme l'armée, ça ne s'oublie pas ! Nous étions, à chaque instant de notre existence, solidaires l'une de l'autre et rien n'y personne n'aurait pu nous désunir. Bien sûr, de temps à autre une chicane éclatait. Maman nous séparait alors et punissait celle qui devait l'être, mais l'autre, au lieu de se réjouir de la fin des hostilités, se sentait toute désemparée par l'absence de sa jumelle et se débrouillait toujours pour aller la rejoindre et réparer les pots cassés. Ainsi, quand l'une était sommée de se coucher sans souper, l'autre venait-elle toujours la visiter en cachette et lui apporter un morceau de pain et de chocolat chipés à grands risques. La douceur calme la douleur, c'est bien connu. Et pour étancher la soif que tant de larmes et de soupirs avaient aiguisée, le verre à dent accompagnait le festin. Quel qu'eût pu être le méfait, la malheureuse coupable finissait donc toujours par être nourrit et réconfortée par sa propre victime et, contrairement aux autres histoires, personne ne mourut jamais ni de faim, ni d'abandon.

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L'automne arrive
Et l'homme vieillit
On le pousse à la dérive
Comme s'il n'avait plus droit à la vie...

Sa main tremble, son pas ralentit
Ses yeux se rident, sa peau se fane
Pourtant, son cœur, lui, grandit
Et n'a pas encore besoin de canne...

Au Respect et à la Vraie Dignité