Mine de Rien
Le 3 octobre 2009 a eu lieu le lancement de "Mine de Rien, réflexions et confidences d'un vieux crayon à papier", à l'ancienne école d'Epinassey à St-Maurice. Au menu : morceaux choisis et liquide pétillant...histoire de ne pas en faire tout en plat, mais juste une bonne mise en bouche...
Luc, un homme qui a de la bouteille Petit extrait lu par l'auteure... Les futurs lecteurs...



Pour éviter les bullettes… d'un début de lecture un peu étonnant…
…mettez-vous tout de suite dans la peau de ce vieux crayon à papier loufoque, amoureux des lettres et du dictionnaire, qui a tant de choses à raconter… Oui, je sais, ce n’est pas le genre de héros habituel, qui plus est se livre dans un journal intime, mais vous serez surpris de voir à quel point on peut lui ressembler parfois ! Vous dépasserez alors bien vite la déconcertation que provoque ce bout de bois farfelu par l’utilisation de la première personne du singulier. Et vous ferez bien vite vôtre ce "je" un tantinet provocateur mais finalement si humain…
J'aurais pu écrire le titre de mes chapitres en chiffres, méthodique, cartésien, clair, dans le moule. Mais vous comprenez, je suis un brin poète… ou peut-être un poète en brin… l'herbe me faisant toujours la moue. Alors, les chiffres et moi, ça fait deux… Et les chiffres romains, alors ? Une ondée romantique pour soulager de la lourdeur mathématique ? J'ai bien de la misère avec les traits… Et que voulez-vous, moi, ce sont les lettres… Je suis admiratif de leurs courbures athlétiques ou maternelles, de leur tessiture aérienne. Et j'aime tant, lorsque, blotties toutes ensembles en fratrie, elles se mettent à chanter, à danser la poésie… Je me sens tout fier de cette belle fierté de patriarche fécond. J'ai, et je ne m'en cache pas, un petit côté père vers. Mais comment faire autrement ? A force de côtoyer les feuilles, on attrape la fibre paternelle !
Je suis vieux, poussiéreux, je sens terriblement le sapin… et je n'en suis toujours qu'à la première lettre de l'alphabet de mon dictionnaire jauni. Je suis un passionné pétri de A, transpirant de A, souvent dégoulinant. Les mots alpha et amour m'ont donné toute ma vie une soif de rivière asséchée ou de navire échoué, une de ces soifs qu'on ne ressent qu'au désert du A. Ne vous inquiétez pas, le docteur m'a certifié que je n'étais pas diabétique. Non, je suis juste éthique… et cela donne la pépie aussi… Une maladie de plus en plus rare, à ce qu'il paraît…
Je voulais commencer par te féliciter pour la subtilité avec laquelle tu manies les mots et les expressions, c'est avec une grande facilité que tu sembles jouer avec, et c'est une prouesse que j'admire! Tout ceci apporte une grande profondeur à l'histoire et m' a donné davantage le sentiment de me régaler d'un "plat" délicieux plutôt que de lire un livre ordinaire!
Merci, Christelle, pour l’envoi de votre dernier livre ! J’ai enfin trouvé le temps de le « dévorer » en une seule bouchée mais, ne vous en faites pas, j’ai pris le temps de découvrir la saveur de chacun des 40 chapitres.
C’est un très beau livre-confidence, un émouvant témoignage, teinté d’humour et d’Amour, sur la quête douloureuse du Pardon (avec un P majuscule).
Encore merci et bravo pour votre courage et votre talent littéraire. Vous n’avez pas seulent un « vîeux crayon » mais une vraie plume ….
Michel



